Saumon bio : attention au mercure !

Si les bienfaits de la consommation de poissons sont régulièrement vantés par les nutritionnistes, cette consommation ne serait pourtant pas si anodine que cela pour notre santé.

Le saumon, l’un des poissons préférés des français

Saumon bio poisson préféré

Par son goût unique et sa forte teneur en vitamines A, B et D, acides gras essentiels tels que les Oméga 3 ainsi qu’en minéraux comme le phosphore et le calcium, le saumon est devenu en quelques années l’un des poissons les plus consommés au monde et notamment en France métropolitaine.

La consommation de poissons, quels qu’ils soient, serait en effet essentielle pour la santé de par leur apport en protéines et en micronutriments. En consommer régulièrement aiderait donc à la prévention des maladies cardiovasculaires mais également de troubles mnésiques.

Néanmoins, les langues se délient peu à peu et la controverse fait désormais rage quant aux réels bienfaits du poisson, notamment issu de culture biologique, dans notre alimentation. Le saumon n’est d’ailleurs pas en reste et fait actuellement l’objet d’études scientifiques visant à mettre en avant la présence de substances toxiques contenues dans ce produit, principalement de mercure, qu’il s’agisse de saumon sauvage ou de saumon biologique provenant de l’élevage.

Le saumon bio : pas si biologique que cela ?

La pollution environnementale

Saumon bio pollution

La pollution environnementale n’est pas récente mais est en constante progression, qu’elle concerne la surface terrestre ou les océans. Il est désormais reconnu que les océans sont touchés par le fléau de la pollution puisque des taux variables de toxiques y sont relevés aux quatre coins de la planète.

Parmi les toxiques retrouvés en quantité importante dans les océans, on note principalement des métaux lourds, dont le plomb, l’arsenic mais aussi le mercure qui sont naturellement présents dans l’environnement mais également émis en grandes quantités par les activités humaines. D’après le Programme des Nations Unies, les océans seraient l’un des « principaux réservoirs pour le mercure » et la concentration de mercure dans ce milieu aurait doublé en l’espace de 100 ans: des données effrayantes!

Qu’en est-il du saumon biologique ?

Saumon bio

Si la pollution océanique a obligatoirement un impact sur la composition des poissons sauvages, pourquoi alors suspecter une intoxication des poissons issus de l’élevage, et notamment du saumon ?

Si la présence de métaux lourds, dont le mercure, dans l’environnement est principalement liée à l’activités humaine, ces toxiques se disséminent peu à peu dans l’écosystème. Si l’élevage biologique de saumon garantit des poissons élevés naturellement, sans ingestion de produits pour accélérer leur croissance par exemple, il ne peut contrer « l’empoisonnement » insidieux terrestre et marin provoqué par la propagation du mercure.

Du mercure dans le saumon bio : étude à l’appui

Saumon bio mercure

Une étude a été menée par l’association 60 millions de consommateurs afin d’obtenir des données fiables quant à la présence de mercure dans le saumon, et de comparer cette teneur en fonction du type de saumon, sauvage ou issu de la culture biologique. Ainsi, en effectuant des tests sur des dizaines de saumons trouvés dans le commerce (sauvage ou bio, frais ou surgelé), l’étude a globalement démontré que les saumons bio contiendraient davantage de mercure que les saumons pêchés dans les océans, bien que la teneur soit en dessous de la limite réglementaire autorisée pour leur consommation.

Les conséquences éventuelles sur notre santé

Bien que les quantités de mercure retrouvées dans le saumon bio sont en deçà des quantités autorisées, il ne faut pas oublier que cette substance reste toxique pour l’organisme. Le mercure est, en effet, un facteur de risque d’apparition de maladies neurodégénératives, dont la maladie d’Alzheimer, et un aliment qui favoriserait les troubles de l’humeur à type de dépression.

Les recommandations quant à sa consommation

Saumon bio consommation

Bien que le saumon bio se compose d’une quantité, certes infime, de mercure, il ne faut pas en oublier les composants essentiels qui contribuent à une bonne santé. Il est donc inutile de le bannir de votre alimentation, mais simplement en limiter la consommation. L’OMS recommande de consommer du poisson deux fois par semaine et de faire varier les espèces. Pour ce qui est du saumon, il est à préférer seulement deux fois par mois, compte tenu de sa contenance en mercure.

Pour les personnes plus vulnérables comme les enfants et les femmes enceintes, il leur est conseillé d’éviter de consommer le saumon, même bio, cru ainsi que les poissons d’eau douce.

Comme tout aliment, le saumon bio est à consommer avec modération d’autant plus qu’il est désormais prouvé qu’il contient d’avantage de mercure que le saumon sauvage. Néanmoins, les bienfaits de ce poisson sur la santé sont bien connu et ses composants sont source d’énergie et de micronutriments essentiels. Inutile alors de la bannir totalement de votre alimentation, mieux vaut juste être vigilant.

Auteur: Charlotte Blanchet

Charlotte Blanchet est une naturopathe, amoureuse de la nature en général. Sans cesse à la recherche d'un petit plus pour rendre notre quotidien plus agréable.