Pourquoi les acides gras trans sont mauvais pour nous ?

Si les slogans publicitaires et les recommandations sanitaires ne cessent de nous rappeler qu’il faut manger équilibré en évitant les aliments gras, certains acides gras tels que les oméga 3 sont, eux, vantés comme incontournables pour nous garantir une bonne santé. Néanmoins, s’il est des controverses sur les bienfaits de certains acides gras, il n’y en a pas concernant les acides gras trans dont la nocivité pour la santé serait déjà démontrée.

Quels acides gras trouve-t-on dans notre alimentation ?

Acides trans alimentation

On compte différents types d’acides gras dans notre alimentation, à l’état naturel ou produits d’une transformation, dont les bienfaits sont parfois discutés. On trouve ainsi les acides gras saturés contenus notamment dans les produits laitiers (beurre, fromage, crème, etc.), les graisses animales mais aussi certaines huiles (huile de coco, huile de palme).

Les acides gras polyinsaturés sont davantage présents dans les huiles végétales (huile de soja ou de tournesol par exemple), dans certains fruits secs et dans les poissons gras tels que la truite ou le maquereau.

Les acides gras mono-insaturés sont également présents dans certaines noix et huiles (huile d’olive par exemple) et sont ceux que l’on trouve dans les avocats.

Enfin, dans la famille des acides gras insaturés, on trouve les acides gras dits « trans », contenus dans certains aliments d’origine animale et obtenus par transformation d’huiles liquides.

Les acides gras trans : késako ?

Acides trans késako

Les acides gras trans sont finalement obtenus par trois processus différents. D’une part, ils sont produits par la transformation bactérienne d’acide gras naturels dits « cis », que l’on trouve dans l’estomac des ruminants. C’est pour cela que les acides gras dits alors « trans » se retrouvent dans notre alimentation.

Ces acides gras sont également produits par le raffinage d’huiles végétales liquides. Enfin, ils sont obtenus par un processus d’hydrogénation, adopté pour la fabrication de graisses solides à partir d’huiles liquides, couramment utilisé par les industries agroalimentaires.

Les acides gras trans permettent une meilleure contenance et conservation des aliments transformés. On les trouve donc dans des produits tels que des biscuits, des quiches, des viennoiseries, des pâtes à tartiner ou encore des plats cuisinés.

Indiqués sur l’étiquette des produits qui en contiennent sous l’appellation « huiles végétales hydrogénées », les acides gras trans sont ainsi présents dans de nombreux produits alimentaires du quotidien et représenteraient environ 1 à 20% du taux global d’acides gras qu’ils contiennent.

Les méfaits des acides gras trans sur la santé

Acides trans santé

L’action des acides gras trans sur l’organisme et leurs dangers

De même structure que les acides gras saturés, les acides gras trans agissent de façon quasi équivalente sur les cellules humaines. Ils sont ainsi absorbés par les tissus afin de fournir l’énergie nécessaire à la mise en action du corps. Néanmoins, si on s’intéresse de plus près à l’action des acides gras trans, le tableau s’assombrit quelque peu.

Ces acides seraient, en effet, en cause dans l’augmentation du taux de mauvais cholestérol (LDL) dans le sang, certes dans une moindre mesure que les acides gras saturés. Dans le même temps, ils tendraient à faire diminuer le taux de bon cholestérol (HDL). Ainsi, le sang se retrouverait dénué de lipoprotéines de haute densité qui jouent un rôle dans la prévention des maladies cardiaques. Les acides gras trans seraient donc plus nocifs pour la santé, et notamment pour le cœur, que les acides gras saturés.

Quelques études à l’appui

Outre-Atlantique, plusieurs études scientifiques ont d’ores et déjà souligné la nocivité des acides gras trans contenus dans notre alimentation. Parmi elles, une étude menée par les chercheurs de la San Diego School of Medecine, en Californie, souligne que la principale conséquence de l’ingestion de ces acides gras serait l’apparition précoce de difficultés de mémoire.

Cette étude, dirigée par le Pr Beatrice Golomb et présentée au congrès de l’Association Américaine de Cardiologie (AHA), s’est intéressée aux habitudes alimentaires de 1000 participants adultes. Suite au remplissage de ce questionnaire, chacun devait se soumettre à une épreuve de reconnaissance de mots, visant à dire s’ils avaient déjà été confrontés à ces mots précédemment ou s’ils venaient juste de leur être présentés. Par comparaison statistique et en excluant les facteurs d’âge, de dépression et de niveau socio-culturel, les résultats ont montrés que les plus gros consommateurs d’acides gras trans sont ceux qui présentaient les moins bons résultats à l’épreuve mnésique.

Selon le Pr Golomb, les effets néfastes sur la mémoire des acides gras trans serait liés au stress oxydatif qu’ils induiraient. Or, ce processus est bien connu comme étant un facteur de destruction de cellules, d’où les problèmes cardiaques qui seraient imputés à la consommation d’acides gras trans.

Prévenir les risques liés aux acides gras trans

Acides trans fast food

Pour réduire les risques liés aux acides gras trans, mieux vaut en éviter, bien évidemment, la consommation. Pour cela, il faut veiller à lire les étiquettes des produits alimentaires consommés et privilégier ceux qui n’en contiennent pas, voire en quantités infimes. Il faut également éviter les fritures, sources de production d’acides gras trans, et également veiller à changer l’huile de friture à chaque utilisation.

Si les recommandations sanitaires sont déjà bien développées dans certains pays, la France commence tout juste à s’intéresser aux conséquences de la consommation d’acides gras trans. En effet, le Canada et le Danemark ont été les précurseurs de l’interdiction de l’utilisation d’acides gras trans artificiels dans les produits alimentaires. Aux Etats-Unis, les procès se multiplient à l’encontre des fasts-foods, accusés « d’empoisonner » les consommateurs.

En France, il n’est encore rien de cet ordre et l’utilisation d’acides gras trans dans les industries agro-alimentaires est toujours permise. Néanmoins, les recommandations de l’OMS stipulent qu’il faut éviter la consommation de ces acides gras, mondialement reconnus comme nocifs.

Auteur: Charlotte Blanchet

Charlotte Blanchet est une naturopathe, amoureuse de la nature en général. Sans cesse à la recherche d'un petit plus pour rendre notre quotidien plus agréable.